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Histoire du palais des ducs de Bourgogne

 

Plan hôtel Bourgogne
Détail du plan dit « de la Gouache » (B.H.V.P. – 1535)

6 mai 1270. Robert d’Artois achète une demeure à la « Pointe Saint-Eustache », appuyée sur l’enceinte de Paris, édifiée par Philippe Auguste en 1190.

1405. L’hôtel d’Artois devient hôtel de Bourgogne, le 1er duc de Bourgogne Philippe le Hardi héritant de son beau père, comte d’Artois, Louis de Male. Le domaine porte sur un hectare, englobant l’espace délimité par les rues Saint-Denis, Montorgueil, Tiquetonne et Mauconseil. Il est traversé longitudinalement par l’enceinte de Philippe Auguste

23 novembre 1407. Jean sans Peur, duc de Bourgogne, fait assassiner son cousin Louis d’Orléans, frère du roi Charles VI. Ce meurtre déclenche une terrible guerre civile entre les Armagnacs, nom donné aux partisans de la famille d’Orléans, et les Bourguignons, alliés au duc Jean.

9 février 1409 – 15 mai 1411. Jean sans Peur, qui a pris le pouvoir, entreprend l’embellissement de son hôtel parisien et fait construire un nouveau corps de bâtiment desservi par une haute et magnifique tour d’escalier : la tour dite de « Jean sans Peur ».

10 septembre 1419. Jean sans Peur se fait assassiner par des Armagnacs, sur le pont de Montereau, sous les yeux du dauphin, futur Charles VII.

1477. À la mort de Charles le Téméraire, petit fils de Jean sans Peur, les biens des ducs de Bourgogne sont confisqués. L’hôtel de Bourgogne et sa tour tombent à l’abandon.

1543-1548. L’hôtel est vendu en une trentaines de lots, séparés par la rue Française, nouvellement percée. La partie occidentale seule conservera le nom d’hôtel de Bourgogne ; elle sera vendue et transformée en un célèbre théâtre, berceau de la Comédie Française, qui perdurera jusqu’au XIXe siècle.

XVIIe et XVIIIe siècles. La tour subsiste desservant un nouveau corps d’hôtel. Vers 1750, la tour est toujours habitée et son dernier niveau modifié.

1782 -1868. Le quincaillier Sterlin puis le serrurier Bricard y logent familles, magasins et entrepôts.

1866 – 1868. Le percement de la rue Étienne Marcel dégage la tour, dernier vestige de l’hôtel de Bourgogne. Les historiens la redécouvrent.

1884. Rachetée par la Ville de Paris, la tour est classée Monument Historique et consolidée en 1893.

1991 – 1992. Elle est restaurée par Pierre Prunet (ACMH).

1999. 1ère ouverture de la tour Jean sans Peur au public par l’association des amis de la tour Jean sans Peur et grâce à l’action de son directeur Rémi Rivière. 115 ans après son classement M.H., le public peut enfin la visiter.

2003. 1ère exposition sur la vie quotidienne « L’hygiène au Moyen Âge » sous la direction de Danièle Alexandre-Bidon (EHESS).

2017. L’exposition « Moyen Âge et Publicité » (direction : D. Alexandre-Bidon) est la 15e exposition présentée à la tour Jean sans Peur. Depuis son ouverture au public, près de 260.000 visiteurs ont pu découvrir le monument.
De nombreux historiens sont intervenus depuis 2003 :
– commissaires d’exposition : Danièle Alexandre-Bidon et Perrine Mane (EHESS), Bertrand Schnerb (Université de Lille III)
– conférenciers : Michel Pastoureau (EPHE), Danièle Alexandre-Bidon, Perrine Mane, Yohann Chanoir, Nadège Gauffre-Fayolle, Mickaël Wilmart, Françoise Sabban (EHESS), Bertrand Schnerb, Élodie Lecuppre-Desjardin (Université de Lille III), Jacques Berlioz et Marie-Anne Polo de Beaulieu (CNRS)…

L’escalier d’apparat et sa voûte végétale
Voûte de l'escalier d'apparat
Voûte végétale de la grande vis

Cette décoration est l’un des chefs-d’œuvre de la sculpture française du XVe siècle.

Taillée dans le liais, calcaire pur et solide, elle provient de l’atelier flamand de Claus de Werve, auteur également, avec son oncle Claus Sluter, du tombeau de Philippe le Hardi, à Dijon (présenté au musée des Beaux-Arts, ancien palais des Ducs de Bourgogne).

Les nervures de la voûte se transforment en un faisceau végétal qui s’organise ainsi :
* du pot central et des quatre angles sortent des branches de chêne,
* partant également du pot central, le houblon entoure les branches de chêne,
* du milieu de chaque mur partent des rameaux d‘aubépine.

Chaque plante est une représentation figurée d’un membre de la famille de Bourgogne :
* le chêne rappelle l’Ordre de l’arbre d’or, créé par Philippe le Hardi en 1403
* le houblon est l’emblème que Jean sans Peur a reçu au moment de son mariage à l’âge de 14 ans
* l’aubépine est l’une des fleurs préférées de la princesse Marguerite de Flandre, mère du duc Jean

L’étude de la voûte a pu être réalisée avec l’aide précieuse de Marc Viré (INRAP) et Laurent Hablot (EPHE – cf base devise)

Un lieu de vie pratiquement inchangé
La Tour jean sans peur vers 1860
La Tour Jean sans Peur vers 1860

Accessible sur ses cinq niveaux jusqu’à la charpente, la tour Jean sans Peur possède deux pièces hautes dites chambres de l’écuyer et chambre de Jean sans Peur.
Surplombant l’Hôtel de Bourgogne, elles servaient de lieu de réunion privée (étude).
Ces deux pièces très lumineuses sont munies de latrines à fosse, les plus anciennes de Paris. Installées au revers de cheminées et munies d’un conduit d’aération, elles témoignent d’un confort exceptionnel. Les reconstitutions (mobiliers, costumes, décoration) entreprises depuis 2003 dans chacune des pièces permettent d’évoquer l’aspect originel.

Un lieu d’expositions
Vue en coupe de la Tour jean sans peur
Vue en coupe de la Tour Jean sans Peur

Pour découvrir la tour sur ses cinq niveaux, une muséographie permanente permet une visite individuelle de la totalité de l’édifice (histoire et fonctions de la tour, architecture et vie quotidienne au début du XVe siècle dans un palais ducal).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

galerie paris medieval

Une galerie extérieure présente les vestiges encore existants du Paris médiéval, civil, religieux et militaire.

 

 

 

vue_expo_pub_tourJeansansPeurChaque année sont présentées des expositions temporaires sur la vie quotidienne médiévale et le patrimoine insolite parisien.

Jusqu’au 31 décembre 2017
-Moyen Âge et Publicité
-La rue Réaumur, architecture industrielle et commerciale

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